1. Vocabulaire
Les mots du bord, pour comprendre (et être compris) dès la première sortie.
Le voilier
- Barre – à roue (comme un volant) ou franche (une barre qu’on pousse ou tire). Certains voiliers ont deux barres à roue, une de chaque côté, pour choisir la position la plus confortable et la meilleure vue.
- Cockpit – la zone extérieure à l’arrière du voilier.
- Descente – l’escalier qui mène à l’intérieur.
- Balcon arrière – la balustrade à l’arrière. L’arrière du bateau s’appelle la poupe.
- Balcon avant – l’avant du bateau s’appelle la proue ; la pointe avant de la coque, l’étrave.
- Mât
- Bôme – elle tient et oriente le bas de la grand-voile.
- Vit-de-mulet – l’articulation entre le mât et la bôme.
- Pied de mât
- Rouf – la partie surélevée autour de la descente.
- Chandelier – les petits piquets sur les côtés du bateau.
- Filière – le câble qui fait le tour du bateau pour éviter de tomber, tenu par les chandeliers.
- Davier – la poulie à l’avant où passe la chaîne de l’ancre.
- Passe-avant – le passage latéral pour aller à l’avant. L’endroit le plus large du bateau s’appelle le maître-bau.
- Plage avant – pas seulement pour bronzer : on s’y place pour envoyer ou affaler les voiles.
- Taquet – pour amarrer le bateau. Les chaumards, en forme de U, guident les cordages pour qu’ils ne frottent pas la coque.
Le gréement
Le gréement, c’est l’ensemble des éléments qui permettent au bateau d’avancer à la voile :
- Le gréement courant : les parties mobiles sur lesquelles vous faites les réglages (voiles, cordages…).
- Le gréement dormant : les parties fixes, c’est-à-dire le mât, la bôme et les câbles qui tiennent le mât :
- Galhauban : retient le mât sur les côtés. Les barres de flèche l’écartent pour augmenter son efficacité.
- Étai : retient le mât vers l’avant.
- Pataras : retient le mât vers l’arrière.
- Intermédiaire : raidit le mât en s’appuyant sur la barre de flèche.
- Bas-hauban : raidit le bas du mât en s’appuyant sur le pont.
La coque
- Safran – le « gouvernail » sous l’eau, qui s’oriente pour aller vers tribord ou bâbord. La barre et le safran forment le gouvernail.
- Carène – la partie immergée de la coque, celle qui permet de flotter.
- Lest (ou bulbe) – le contrepoids qui empêche le bateau de trop se coucher.
- Quille – elle porte le lest et équilibre le voilier. Un bateau à quille est un quillard.
L’intérieur
- Descente : l’escalier vers l’intérieur (et, petit secret, le moteur se cache juste en dessous).
- Carré : la pièce à vivre pour les repas. Les banquettes se transforment en couchettes ; on range dans les équipets (petits placards) et dans les coffres sous les banquettes.
- Table à carte : le poste du navigateur, avec l’électronique (GPS, radar, tableau électrique…).
- Cabines : petites ! Préférez un sac souple à une valise, et fermez les hublots en navigation.
- Cuisine : gazinière avec four, frigo, évier avec eau sous pression. L’eau douce est stockée dans des réservoirs.
- Toilettes : la pompe manuelle a deux positions (rinçage à l’eau de mer / vidange). Pompez au moins une quinzaine de fois.
- Coffre à voiles : pour ranger les voiles et le matériel de navigation.
Les types de voiliers
Selon le nombre et la taille des mâts, les voiliers portent des noms différents :
Un seul mât. C’est le plus répandu, et celui de nos cours.
Deux mâts. Le mât arrière (artimon) est plus petit et placé devant le safran.
Deux mâts. L’artimon est plus petit et placé derrière le safran.
Deux mâts ou plus, de même taille, ou avec le mât avant (misaine) plus petit.
2. Les allures
L’allure, c’est la direction du bateau par rapport à celle du vent. L’angle entre le vent et la voile s’appelle l’angle d’attaque.
- Vent debout – impossible d’avancer : les voiles faseyent (elles battent comme un drapeau). C’est la position idéale pour hisser ou affaler la grand-voile.
- Près – pour remonter au vent ; la voile est presque dans l’axe du bateau.
- Bon plein – environ 60° du vent.
- Petit largue
- Travers – environ 90° du vent.
- Largue – les vagues poussent le bateau : tenez bien votre cap.
- Grand largue
- Vent arrière – la grand-voile est complètement ouverte. Attention : si vous abattez encore, les voiles passent de l’autre côté (empannage).
Lofer et abattre
- Lofer (1) : se rapprocher du vent.
- Abattre (2) : s’éloigner du vent.
- Si, barre lâchée, le bateau lofe tout seul, il est ardent.
- S’il abat tout seul, il est mou.
Virer de bord et empanner
- Impossible de naviguer face au vent : pour atteindre un objectif au vent, on louvoie en enchaînant les virements de bord.
- (1) Tout droit : impossible.
- (2) Beaucoup de virements de bord.
- (3) Un seul virement : la distance parcourue est la même.
- L’empannage suit le même principe, mais vent arrière : le vent passe d’un côté à l’autre par l’arrière du bateau.
- Lors d’un virement, le bateau passe quelques secondes face au vent, ce qui le freine sans risque. Vent arrière, il n’y a pas ce frein : si vous abattez trop, les voiles changent d’amure d’un coup. D’où une manœuvre contrôlée.
3. Le vent
Le vent ressenti sur un voilier n’est pas seulement celui de la météo : il faut en distinguer trois.
- Vent réel : celui de la météo. Pour le repérer, regardez la côte (fumées, drapeaux, éoliennes) ou les risées sur l’eau.
- Vent vitesse : le vent créé par l’avancée du bateau, dans l’axe du bateau et en sens inverse de sa route.
- Vent apparent : la somme des deux. C’est celui que vous ressentez à bord, et celui qu’indiquent la girouette en tête de mât et les penons.
- (1) Au près, le vent vient de l’avant : le vent vitesse s’ajoute au vent réel, le vent apparent est plus fort.
- (2) Au grand largue, le vent vient de l’arrière : le vent vitesse s’oppose au vent réel, le vent apparent est plus faible.
4. Fonctionnement d’un voilier
Pour que le bateau garde sa route et sa vitesse, sans couler ni chavirer, les forces qui s’exercent sur lui doivent s’équilibrer.
Selon la répartition des masses à bord, il s’applique au centre de gravité. Force verticale, vers le bas : elle fait s’enfoncer le bateau.
La pression de l’eau sur la coque s’applique au centre de carène, au centre de la partie immergée. Elle se déplace avec la gîte et les vagues. Force verticale, vers le haut : elle empêche le bateau de couler.
Elle naît de la surpression d’un côté de la voile (intrados) et de la dépression de l’autre (extrados). Elle se décompose en :
- force propulsive, parallèle à la route : elle fait avancer le bateau ;
- force de dérive, perpendiculaire à l’axe : elle pousse le bateau sur le côté.
Elle vient du frottement de l’eau sur la coque et la quille, et freine le bateau. Elle se décompose en :
- force anti-dérive : la quille et la coque empêchent le bateau de glisser sur le côté ;
- traînée : plus la coque est profilée (et propre !), plus elle est faible.
Les couples
Il fait gîter le bateau. Il combine la force vélique (vent) et la force anti-dérive (eau). Plus il y a de vent, plus le bateau gîte.
Il s’oppose à la gîte. Il combine le poids (centre de gravité) et la poussée d’Archimède (centre de carène). Plus il y a de poids du côté au vent, plus le bateau se redresse.
5. Balisage et priorités
Les bouées et balises sont les panneaux de signalisation de la mer. Ce qui suit vaut pour la région A (Europe, Afrique, Australie…).
Marques latérales
Verte, sommet en cône. En entrant au port, laissez-la à droite (passez à sa gauche).
Rouge, sommet cylindrique. En entrant au port, laissez-la à gauche (passez à sa droite).
Chenal préféré
Quand plusieurs chenaux mènent au port, regardez la couleur dominante et appliquez la règle des marques latérales.
Dominante rouge : traitez-la comme une bâbord. Laissez-la à gauche, passez à droite (en entrant).
Dominante verte : traitez-la comme une tribord. Laissez-la à droite, passez à gauche (en entrant).
Marques cardinales
Elles indiquent de quel côté passer pour éviter un danger. Astuce : la pointe des cônes montre où se trouve le noir sur la balise.
Deux cônes vers le haut. Noir en haut, jaune en bas. Passez au nord : le danger est au sud.
Deux cônes vers le bas. Jaune en haut, noir en bas. Passez au sud : le danger est au nord.
Cônes opposés par la base. Noir, jaune, noir. Passez à l’est : le danger est à l’ouest.
Cônes opposés par la pointe (un « W » comme West). Jaune, noir, jaune. Passez à l’ouest : le danger est à l’est.
Autres marques
Noire à bande rouge, deux sphères noires. Signale un danger ponctuel : épave, rocher…
Jaune, croix en sommet. Signale une zone particulière (câbles, exercice militaire…) : consultez la carte.
Bandes verticales rouges et blanches, sphère rouge. Aucun danger : on peut passer des deux côtés.
Bouée ronde jaune : zone de baignade jusqu’à 300 m du rivage, vitesse limitée à 5 nœuds.
6. Les nœuds
Cinq nœuds suffisent pour la plupart des situations à bord. Entraînez-vous à terre, les yeux fermés !
Pour fixer un cordage sur une voile (point de drisse ou d’écoute) ou amarrer le bateau. Solide, il se défait facilement en soulevant la boucle qui bloque le brin.
- Faites une petite boucle, le courant (le bout libre) passant au-dessus du dormant.
- Passez le courant dans la boucle par le dessous.
- Faites le tour du dormant, puis revenez dans la boucle. Serrez : c’est prêt.
Le nœud d’arrêt : il empêche un cordage de filer, par exemple de sortir d’un bloqueur ou d’une poulie.
- Faites une boucle.
- Repassez le bout dans la boucle en dessinant un 8.
- Serrez : c’est prêt.
Pour amarrer sur un taquet, au ponton ou à bord. Il tient bien et se défait vite.
- Faites un tour mort autour du taquet : c’est lui qui bloque le bateau.
- Faites un huit autour des cornes du taquet.
- Terminez par une boucle retournée, parallèle à la précédente. Serrez.
Pour accrocher les pare-battages sur la filière. Il se fait d’une main pendant que l’autre tient le pare-battage, mais il peut glisser s’il n’est pas en tension.
- Faites un tour mort en formant une boucle.
- Refaites un tour mort en passant dans la boucle précédente.
- Serrez. Ajoutez une demi-clé pour plus de sécurité.
Pour amarrer le bateau à un anneau, une bitte ou un taquet. Simple à apprendre, facile à défaire.
- Faites un tour complet autour du point d’amarrage (le tour mort) : il retient déjà le bateau.
- Faites une demi-clé (un nœud simple autour du dormant) et serrez.
- Refaites une deuxième demi-clé et serrez : le nœud tient.
7. Préparer ma sortie
Un bon résumé de ce qu’il ne faut pas oublier avant de partir : vos bagages, l’état du bateau et les connaissances de base. Ces documents sont mis à votre disposition pour vous aider ❤️ : partagez la page à vos amis si vous le souhaitez !